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Qui sommes-nous ? |
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Historique |
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En 1945, du pauvre Ulysse il ne
reste qu'une coque pourrie qui n'a pas supporté
les longues années de guerre. Quand Pierre Pichavant
revient de déportation, iln'a qu'une idée
qui, aux pires moments, ne s'était jamais totalement
estompée : renouer avec les jours heureux où,
à bord du 6,50 m, en compagnie des frères
Canévet, il allait courir toutes les régates
de Bénodet, Concarneau, Belle-lle, la Trinité,
vivant à bord comme des sauvages, se nourrissant
de muscadet et de filets de maquereau... et pouvoir battre
de nouveau, pour le plaisir, Nausicaa, et ses marins aux
gants blancs.
Mais l'heure n'est plus vraiment à l'insouciance,
il faut bâtir de nouveau, croire en quelque chose
de fort, d'enthousiasmant, il faut aussi se débrouiller
pour vivre.
Pierre Pichavant rencontre alors deux compagnons, deux
voisins, en ce Pays bigouden ou il semble désormais
impossible de trouver du travail : Noël Le Berre,
ancien dessinateur àl'arsenal de Brest, et Roland
Caubet qui a, lui aussi, le gout des bateauz. A eux trois
ils décident d'ouvrir un chantier. Ils sentent
que la formidable envie de vivre de l'après-guerre
annonce forcément un renouveau de la plaisance
: dans les îles Glénan toutes proches, Philippe
Viannay imagine l'avenir et, tout au long de la côte,
on tente de réarmer les bateaux.
Ils trouvent un bâtiment vétuste à
Pont-l'Abbé, lui remettent une toiture. L'électricité
n'est pas disponible, qu'à cela ne tienne ! Ils
partent pour Nantes et trouvent à la casse une
machine à gaz-oiI Donge, un monstre de deux tonnes,
avec un volant d'inertie qui permettra de produire de
l'énergie pour la dégauchisseuse et la scie
à ruban. Le démarrage se fait au pétrole
sans pouvoir contrôler le sens de rotation... Une
fois sur deux le volant s'élance à l'envers
et iI faut tout arrêter pour espérer repartir
dans le bon sens ! Mais rien ne peut entamer la détermination
des trois compagnons.
On met tout de suite en chantier le Lion, un dériveur
marconi de quatre mètres dont le prototype a été
dessiné puis construit par Noël Le Berre pendant
la guerre, à force de ruses et de troc : quelques
pointes contre des cigarettes... Le jeune charpentier
en fait une série de dix, que Roland Caubet propose
en location à Loctudy ; on songe aussi à
ouvrir une école de voile. On rêve, on imagine
beaucoup. Mais malgré ses qualités, la série
des Lions n'est pas assez connue pour remplir le carnet
de commandes du chantier. C'est alors que Monsieur de
Beaudouin, qui a ses attaches d'étéà
Loctudy et régate sur Snipe au club de voile de
la basse Marne le reste de l'année, suggèreà
Pierre Pichavant de se lancer dans la construction de
cette classe internationale florissante. Les premiers
Snipes sont construits un par un, puis de façon
plus rationnelle.
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Snipes en série
Le Snipe, qui a
été dessiné par William Crosby aux
Etats-Unis en 1931, à l'intention des constructeurs
amateurs, se prête bien, gràce à ses
formes simples et développables, à la construction
en série.
Dix unités sont mises en chantier simultanément
et terminées en trois mois de travail. Les coques
sont bordées en pin de pays, de beaux arbres choisis
dans les bois du Cosquer. On utilise aussi du pin du Nord
pour les membrures et la quille, et de l'orme pour l'étrave.
Avec un poids minimum de 240 kilos, on peut se permettre
de construire solide ! Rapidemenr la série s'implante
dans la région et une cinquantaine d'unités
naviguent entre Bénodet et Loctudy.
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Le chantier tourne et le travail ne manque pas, mais le
goût de la régate n'a pas abandonné
Pierre Pichavant et Noël Le Berre. Chaque dimanche,
les deux compagnons de travail se retrouvent concurrents
en régate, luttant bord à bord sans se faire
de cadeau. En 1947, Pierre Pichavant et Roland Caubet
participent au championnat de France des Snipes et renportent
le titre. Un grand bonheur personnel et une vraie promotion
pour le chantier qui s'oriente presque exclusivement vers
la construction de Snipes destinés à la
compétition.
Ces bateaux sont réalisés en double bordé
avec une toile enduite interposée ; ils seront
par la suite construits en contreplaqué de 13 mm
d'épaisseur... un luxe de finesse et de légèreté
pour l'époque.
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Particulièrement
bien adaptés à la construction
en petite série, les Snipes vont permettre
au jeune chantier de se développer
avec un matériel minimum. Les trois
compagnons sauront dès le début,
grâce à leur succès en
compétition, imposer leur image de
marque. |
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Les régatiers les plus exigeants viennent à
l'atelier voir le traçage de leur bateau, discutant
à l'infini pour exploiter au maximum les tolérances
de la jauge : dérive sabre ou pivotante, emplacement
de l'emplanture, mât plein ou creux, à section
ronde ou ovale, rond de chute de voile... Car tout est
fait sur place, y compris les voiles dont la couture est
confiée à une Bigoudène en coiffe.
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| Soigneusement
emballés et empilés, les Snipes seront
expédiés par centaines, en caisses,
vers les territoires d'outre-mer. |
Le Salon nautique de Paris, sur
les bords de la Seine, doit permettre de s'imposer sur
le marché. On prépare à l'avance
des "publicités" tapées une à
une à la machine à écrire. Et au
retour, on pavoise : deux cent cinquante demandes dont
il suffit d'espérer les confirmations. Un mois
plus tard, on attend toujours, et l'on déchante.
Certains contacts finiront pourtant par aboutir et le
chantier va produire une flottille pour l'exportation,
versl'Outre-Mer : Tahiti, Madagascar, Dakar, Alger, Oran...
Les bateaux sont expédiés par le train et
par cargo. Le conditionnement en caisse double presque
les quantités de bois utilisées mais comme
rien ne se perd, une estacade en planches de récupération
porte à Dakar le nom de Pichavant !
La mème année, Pierre Pichavant et Roland
Caubet terminent neuvièmes au championnat du monde
de Genève. Un beau résultat pour le Snipe
français dont a voilure avait été
taillée amicalement par Madame Herbulot.
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Installé
dans les nouveaux bâtiments de la rue du Prat,
le chantier continuera à produire de nombreux
Snipes. Mais cet espace généreux,
autant que la rencontre avec Eugène Cornu,
contribuera à orienter la production vers
les yachts de croisière de construction classique. |
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