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De Jasnière à Pélican Le langoustier Pichavant


Disons-le sans détour, ce petit langoustier qui a contribué à la renommée du chantier a les faveurs du Chasse-Marée. Il faudrait avoir le coeur bien sec pour ne pas se laisser séduire par ce joli bateau de plaisance directement inspiré des bateaux de travail.

Dès les deux premières unités, Jasnière et Jacquou lancés par le docteur Guias et Corentin Pichavant, Noël Le Berre avait vu juste. Cela ne l'a pas empêché au cours des ans de rechercher certaines améliorations. On ne peut pas parler d'une série au sens strict du mot, chaque unité ayant ses propres qualités.

Saint-Gildas ex-Jacquou transformé par François Vivier qui voulait donner à son bateau une silhouette et une finition plus proches encore des langoustiers de pêche.

Globalement, la coque est une réussite, avec une silhouette tout à fait crédible et une qualité de construction qui donne du poids, "le poids" de la tradition. Derrière le pavois, le cockpit et le rouf, malgré leur finition "yachting" et l'utilisation d'acajou verni, s'intègrent bien dans le plan de pont sans donner le sentiment ambigu d'un bateau hybride. Ni jouet, ni caricature, le langoustier Pichavant est un des rares exemples d'extrapolation de bateau traditionnel à avoir su trouver une personnalité convaincante, san faute de goût.

Mais ce bateau se prête aussi à une finition plus traditionnelle. François Vivier, architecte et collaborateur du Chasse-Marée, qui fut longtemps propriétaire du Saint-Gildas ex-Jacquou, avait effectué des travaux dans ce sens, notamment en supprimant le cockpit pour obtenir un pont d'une seule volée. Le bateau y gagnait en force et les déplacements en simplicité, avec beaucoup de place sur ce pont totalement disponible à l'abri du pavois. Cela donnait surtout à son bateau une apparence beaucoup plus proche de ses origines du bateau de travail.


Sur ce bateau, le second de la série, la carène un peu gîtarde l'incita également à modifier le plan de voilure d'origine à fort apiquage du pic, en abaissant le centre de voilure par un plus grand allongement horizontal : avec son bout-dehors long de trois mètres, Saint-Gildas a fière allure et ressemble vraiment à un petit langoustier. Mais les bateaux suivants ont un meilleur couple de rappel grâce à une carène élargie et un lest extérieur en fonte. Cela peut leur permettre de porter un nouveau plan de voilure, dessiné par Noêl Le Berre, avec grand voile et flèche, particulièrement utile dans le petit temps.

Noël Le Berre à la barre du Pélican.

Le dernier-né de la série, Rotondo, devenu aujourd'hui Pélican, est le préféré de Noël Le Berre : avec des entrées d'eau légèrement affinées, il gagne encore en performance dans les brises légères et passe bien mieux dans le clapot.

A l'entrée de la rivière de l'Odet, Pélican croise Aimable Javotte au mouillage dans l'anse du Pocho, un lieu magique où nombre de misainiers ont également leur poste.
Un intérieur chaleureux.


Demi-coque de M.Derrien

On ne peut s'étonner que d'une chose : l'absence de nouvelles unités depuis le lancement de Rotondo, que ce soit en construction classique, ou en petites lattes de bois moulé. Il y a fort à parier que le langoustier ferait ainsi le bonheur des amateurs de voiliers traditionnels... On pourrait aussi imaginer une coque en polyester avec des aménagements et un pont en bois. Les oyster-boats de croisière ainsi construits ont montré outre-Manche que l'option n'était pas impossible. Relancer la série ? Jacques Pichavant hésite encore... Alors, aux amateurs de beaux bateaux de le convaincre !


Une écoutille de poste avant, un bout-dehors pointant au-dessus du pavois, tout ce qui fait le charme des bateaux traditionnels.

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