Qui sommes-nous ? Historique


 
     
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A cette époque, le chantier se tourne aussi vers la plaisance classique et lance deux ou trois exemplaires du Mordicus, un petit yacht à arrière norvégien dessiné par Brix et Dauchez. Mais l'évènement décisif vient la même année d'un certain Rémi Lote qui navigue à Créteil sur un Snipe du chantier Pichavant et dsire se faire construire un Bélouga. Ainsi va se créer le premier contact entre le chantier de Pont-l'Abbé et l'architecte de Sartrouville, Eugène Cornu.

Devant la carène de Men-Crenn, posant pour la postérité, de gaucge à droite, Maurice Zha, le propriétaire, Eugène Cornu, Pierre Pichavant, Noël Le Berre, puis tous les compagnons ayant travaillé sur cette belle unité, Jean Calvez, Alphonse Le Pape, Yvon Le Donge, Louis Stéphan, Jacques Tanniou, Noël Bleis, Alain Le Berre, Eugène Folgoas, Jacques Bolzer, Pierre Maréchal, Noël Souron, Pierre-Jean Kerhom. Et au premier rang, Charlot Boennec, Jean Raphalen, Jean Carnot, Yves Volant, Lucien Yannic, Raymond L'Helgouach. Une photo-souvenir empreinte de fierté et de satisfaction du bel ouvrage.

Graal, un très élégant sloup à voûte dessiné par Eugène Cornu, le jour de son baptême.

L'ère des plans Cornu

Quelques mois plus tard, le revue Yachting souligne l'importance de l'activité du chantier :
"Le chantier nautique de Pont-l'Abbé a eu un hiver particulièrement actif : un 24 pieds sur plans Cornu, deux canots type "Sud-Breton" de 17 pieds de quille et plus de trente Snipes. Actuellement est en chantier uncruiser, également sur plans Cornu, qui sera un sister-ship de Jalina. D'autre part, la construction de Snipes ne ralentit pas et une nouvelle série de vingt-cinq vient d'être démarrée. Enfin, on achève deux Bélougas, deux Mousses, sana compter une dizaine d'annexes de toutes tailles."

Le 20 mars 1955, on lance Men Cren, le premier plan Cornu de grande taille, un magnifique sloup cruiser racer 9 mJI, long de 13,70m, à arrière canoë... Ce n'est qu'un début.

De fait, pendant presque vingt ans, le chantier va travailler essentiellement sur des unités de toutes tailles dessinées par Eugène Cornu. Une production qui, certaines années, prend allure de folie et laisse un peu rêveur aujourd'hui quand on découvre, au hasard d'informations publiées par la revue Le Yacht, ces quelques commentaires de photos : "Bateaux sur plans Cornu chez Pichavant à Pont-l'Abbé : deux dériveurs lestés de douze mètres, pour un déplacement de 4,6 tonnes, Banco à la finition peinture, et Santic Du, au stade d'aménagements, encadrent un dériveur lesté de 9,80 m pnur 3,5 t de déplaccment, Cabran, en cours de rivetage. Au premier plan, les gabarits du petit 7,60 m dit la Mouette si cher à l'architecte." Ou plus encore dans Nautisme de 1963 : "A Pont-l'Abbé (Finistère) les chantiers Pichavant, qui ont du refuser plusieurs commandes, construisent en particulier trois dériveurs lestés de onze mètres sur plans Cornu, et un cotre de quatorze mètres du même architecte destiné à Mr Bercot, directeur général de Citroën."
Le lancement de Men-Crenn sur la cale de Pont-l'Abbé, devant une foule impressionnante venue assister à cet instant émouvant. Une scène de fête à laquelle les Pont-l'Abbistes predront goût, au rythme toujours croissant de la production du chantier.
Jusqu'à la fin des années soixante, le chantier lancera quelque cent dix plans Cornu destinés à la croisière. Les bateaux de série, par dizaines, que ce soient les Bélougas, les Mouettes de 7,60 m, les 8,70 m, les 9,55 m à tableau dont le plan allongé donnera les si jolis cruisers à voûte de 10,30 m, mais aussi les yachts construits à l'unité comme le ketch norvégien de 11,75 m El Riconcilo et son sister-ship le Saint-Guénolé ou Sheba, un merveilleux 12 m à arrière canoë, les ketchs de 12,50 m et 15,50 m Rozael et Korrig. La liste est trop longue de tous ces yachts merveilleusement construits et dont la plupart naviguent toujours, aussi flambant neufs qu'aux premiers jours.
C'est incontestablement à cette époque que le chantier atteint une qualité de construction comparable à celle des plus grands constructeurs étrangers.
Pour chacun de ses bateaux, Eugène Cornu vient vérifier la construction. Autant dire qu'il laisse au chantier le souvenir d'un professionnel irréprochable auquel chacun essaie de répondre par un même perfectionnisme. Mais Cornu n'est pas le seul à reconnaître les qualités du chantier et d'autres grands noms de l'architecture font appel à lui pour la construction d'un bateau à l'unité : les Français, Dervin, Sergent, Auzépy-Brenneur, Pierre Lemaire, et même les étrangers célèbres, Illingworth, Sparkman et Stephens, et, plus tard, Bruce Farr. Voilà encore plus de soixante yachts lancés pendant cette période heureuse.

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